C'est
sous un beau soleil que nous ouvrons les yeux et qu'Oxford, donc, nous
accueille. Un ciel limpide sans l'ombre d'un nuage atténue rapidement le
souvenir d'une nuit trop courte, quoique les estomacs et les petits ventres de
certains conservent et manifestent quelques séquelles. Balade matinale le long
de la Tamise, des étudiants en aviron, des écureuils gris, des biches et autres
canards qui gambadent et s'ébrouent de rives fleuries en vertes et vastes
prairies. Un tel « bucolisme » offre un cadre idyllique pour le
petit-déjeuner et éveille chez certains les rêves les plus fous: « Ca,
c'est ma future maison » s'exclame une demoiselle devant le Merton
Collège, une modeste bâtisse du XIIIe siècle. Elle a du goût notre
demoiselle.
Puis, nous nous engageons sur les pas d’Alice
au Pays des Merveilles et d’Harry Potter : le Christ Church College nous
ouvre ses portes. Les uniformes très réglementés des étudiants, les œillets en
boutonnière, la Grande salle (« la cantine, quoi » !) et
ses austères portraits, la cathédrale très perpendicular,
la pelouse que seules les semelles des doctes professeurs sont autorisées à
fouler ; bref, tous ces signes d’un autre temps exercent une fascination aussi
puissante qu’inattendue sur nos collégiens. Méfiez-vous chers parents, et
préparez-vous, car loin de rebuter vos adolescents, le poids de la tradition et
la discipline de fer semblent au contraire avoir fait naitre chez certains des
ambitions. Or, sachez juste que les frais de scolarité sont un peu élevés… La
formation des élites n’a pas de prix.
Déjeuner
« au » Mac Do : un grand moment et une réelle imposture, car
naturellement les lieux sont trop étroits pour accueillir 57 affamés. Il faut
donc transformer les menus « sur place » en menus « à
emporter » et ce n’est pas une mince affaire : tout mettre dans des
sacs, ne pas mélanger BigMac et MacChicken, ne pas renverser les boissons,
filer dans le parc le plus proche, se souvenir de ce que l’on a commandé,
admettre et assumer qu’avoir commandé un Fanta est une grave erreur sans
chercher, une fois la lucidité recouvrée, à piquer le Coca d’un camarade ou
d’un professeur (si si, certains osent tout ! Grrrr). Un déjeuner
« au » Mac Do !!! Il faut absolument que les organismes de
voyages scolaires cessent d’avoir une telle idée, les nerfs de milliers de
professeurs en dépendent (y a pas de raison !).
Un
petit tour en barque sur la Tamise clôt la journée. On s’émeut, on s’émerveille
devant les canards souvent gourmands, parfois agressifs, toujours intéressés
(sales bêtes !). On s’essaie à la perche aussi, et les plus téméraires d’affirmer
que s’improviser timonier ou gondolier n’est pas chose aisée. On rigole
beaucoup, le soleil brille, tous les estomacs sont réparés et l’heure de faire
connaissance avec les familles approche.
Tous
les élèves ont été accueillis, aucun n’est resté sur le trottoir. On en saura
plus demain.












































































