lundi 23 mai 2016

Day 1 - Départ

« Encore sur la brèche mes amis, encore une fois » (W. Shakespeare)

Le grand jour est arrivé, la dernière carte d'identité aussi. Nous quittons donc Cazouls au complet, en règle et à l'heure, sans larme et sans déchirement. Les filles à l'arrière (« Oui, on s'impose ! » se plaisent-elles à répéter), les garçons à l'avant, notre joli bus prend ainsi gaiement la route et brave vaillamment les éléments. L'A75 défile joyeusement, Millau se profile, bientôt le Nord, l'exotisme, lorsque soudain, une nationale, une descente, des virages, un pont là-bas au loin. C'est douloureux, mais il faut nous rendre à l'évidence : le viaduc est fermé. Nous traversons donc, comme au XXe siècle, la belle ville de Millau et, comme au XXe siècle, ça bouchonne (nostalgie, nostalgie). Un beau bouchon d'ailleurs et des sportifs partout, des médaillés même : Tilt ! Mais bien sûr ! Evidemment ! Le semi-marathon du pont de Millau ! (z'auraient pu décaler la date quand même). Puis une météo anglaise s'installe rapidement, histoire de nous acclimater, de nous éviter un choc thermique – trop sympa. C'est alors que du fond de bus, un cri de détresse nous parvient : « Eh Madame, y a de l'eau partout » . Comment cela de l'eau partout ? Le corps enseignant, suspicieux et médisant par nature, pense aussitôt maladresse, accident de bouteille, mais c'était sans réfléchir que forte pluie, vent violent, joints usés pouvaient mettre à l'épreuve l'étanchéité du bus. Pas de panique néanmoins, nous sommes encore loin de la noyade. Pique-nique très humide, seconde pause très très humide, plusieurs k-way dans les valises – c'est mieux – et première couronne décernée à une tête en l'air qui, une fois remontée dans le bus, réalise qu'elle a « oublié » son blouson dans la cafèt' – ben oui, il fait tellement beau et chaud !!! Et, entre deux films, on s'interroge : « Orléans, c'est en Angleterre ? », « Dans le ferry, y'aura des chambres ? » ; on partage son savoir aussi : « C'est pas l'euro, t'es nul, c'est LE livre sterling ». Aïe, aïe, aïe !!!
20 heures : Orléans dernière nous, des bouchons annoncés à Paris, le semi-marathon dans les jambes, pas question de louper le bâteau, pas question donc de faire une vraie pause repas, juste un petit pipi et on repart, on mange dans le bus : c'est chouette, c'est transgressif !!! Le bus file comme une flèche, le chauffeur (le nouveau, frais et dispo donc) est optimiste et la Beauce sous la grisaille, c'est pire que sous le soleil !
Finalement on arrive à Calais largement dans les temps, le Border Control se passe sans encombre, les troupes sont surexcitées à l'idée d'embarquer sur un si gros navire, mais pas pour longtemps... Un petit estomac fragile se manifeste avant même le départ du ferry, avant même la porte des toilettes : un élève qui n'a paradoxalement pas le pied marin (hahaha). Nous prenons nos quartiers dans de beaux, grands et confortables salons, et là, une élève esseulée, toute pauvrette, assise sur la moquette certes bien moelleuse suscite la pitié de ses professeurs : « Que fais-tu là toute seule ? ». Elle : « Ben, je charge » !!! En effet, nos adolescents ont l'oeil pour détecter la moindre prise et alimenter ainsi leur doudou.
Arrivée à Douvres. Les choses sont mises au clair tout de suite : maintenant, on dort. Et malgré des cris de protestations en bonne et due forme, les troupes exténuées semblent désormais bel et bien s'être jetées dans les bras de Morphée.

 1ère série:

1ère pause: la perche est toujours à l'honneur















Deuxième série de photos
Aire du Larzac, un avant goût de grande Bretagne 
(tant au niveau du climat que des véhicules automobiles)

Calais, passage de la douane, photos interdites (mais je ne le savais pas)





Calais, ses grilles et ses barbelés. 

 Le Ferry, c'est beau, c'est grand et on peut enfin recharger son téléphone !









 
Au cœur de la nuit, dans le car endormi, blogue la blogueuse.