« Encore sur la brèche mes amis,
encore une fois » (W. Shakespeare)
Le grand jour est arrivé, la dernière
carte d'identité aussi. Nous quittons donc Cazouls au complet, en
règle et à l'heure, sans larme et sans déchirement. Les filles à
l'arrière (« Oui, on s'impose ! » se plaisent-elles
à répéter), les garçons à l'avant, notre joli bus prend ainsi
gaiement la route et brave vaillamment les éléments. L'A75 défile
joyeusement, Millau se profile, bientôt le Nord, l'exotisme, lorsque
soudain, une nationale, une descente, des virages, un pont là-bas au
loin. C'est douloureux, mais il faut nous rendre à l'évidence :
le viaduc est fermé. Nous traversons donc, comme au XXe siècle, la
belle ville de Millau et, comme au XXe siècle, ça bouchonne
(nostalgie, nostalgie). Un beau bouchon d'ailleurs et des sportifs
partout, des médaillés même : Tilt ! Mais bien sûr !
Evidemment ! Le semi-marathon du pont de Millau !
(z'auraient pu décaler la date quand même). Puis une météo
anglaise s'installe rapidement, histoire de nous acclimater, de nous
éviter un choc thermique – trop sympa. C'est alors que du fond de
bus, un cri de détresse nous parvient : « Eh Madame, y a
de l'eau partout » . Comment cela de l'eau partout ?
Le corps enseignant, suspicieux et médisant par nature, pense
aussitôt maladresse, accident de bouteille, mais c'était sans
réfléchir que forte pluie, vent violent, joints usés pouvaient
mettre à l'épreuve l'étanchéité du bus. Pas de panique
néanmoins, nous sommes encore loin de la noyade. Pique-nique très
humide, seconde pause très très humide, plusieurs k-way dans les
valises – c'est mieux – et première couronne décernée à une
tête en l'air qui, une fois remontée dans le bus, réalise qu'elle
a « oublié » son blouson dans la cafèt' – ben oui, il
fait tellement beau et chaud !!! Et, entre deux films, on
s'interroge : « Orléans, c'est en Angleterre ? »,
« Dans le ferry, y'aura des chambres ? » ; on
partage son savoir aussi : « C'est pas l'euro, t'es nul,
c'est LE livre sterling ». Aïe, aïe, aïe !!!
20 heures : Orléans dernière
nous, des bouchons annoncés à Paris, le semi-marathon dans les
jambes, pas question de louper le bâteau, pas question donc de faire
une vraie pause repas, juste un petit pipi et on repart, on mange
dans le bus : c'est chouette, c'est transgressif !!! Le bus
file comme une flèche, le chauffeur (le nouveau, frais et dispo
donc) est optimiste et la Beauce sous la grisaille, c'est pire que
sous le soleil !
Finalement on arrive à Calais
largement dans les temps, le Border Control se passe sans encombre,
les troupes sont surexcitées à l'idée d'embarquer sur un si gros
navire, mais pas pour longtemps... Un petit estomac fragile se
manifeste avant même le départ du ferry, avant même la porte des
toilettes : un élève qui n'a paradoxalement pas le pied marin
(hahaha). Nous prenons nos quartiers dans de beaux, grands et
confortables salons, et là, une élève esseulée, toute pauvrette,
assise sur la moquette certes bien moelleuse suscite la pitié de ses
professeurs : « Que fais-tu là toute seule ? ».
Elle : « Ben, je charge » !!! En effet, nos
adolescents ont l'oeil pour détecter la moindre prise et alimenter
ainsi leur doudou.
Arrivée à Douvres. Les choses sont
mises au clair tout de suite : maintenant, on dort. Et malgré
des cris de protestations en bonne et due forme, les troupes
exténuées semblent désormais bel et bien s'être jetées dans les
bras de Morphée.
1ère série:
1ère série:
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| 1ère pause: la perche est toujours à l'honneur |
Deuxième série de photos
Aire du Larzac, un avant goût de grande Bretagne
(tant au niveau du climat que des véhicules automobiles)
Calais, passage de la douane, photos interdites (mais je ne le savais pas)
Calais, ses grilles et ses barbelés.
Le Ferry, c'est beau, c'est grand et on peut enfin recharger son téléphone !
Au cœur de la nuit, dans le car endormi, blogue la blogueuse.
































